Chienne (récit)Par
eva9, le Mercredi 02/02/2011 à 14h27'47
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Sans que rien ne m'ai rappelé ce moment, je me mis à repenser à cette première fois, cela me semblait avoir eu lieu à la fois hier et depuis une éternité. Qu'avais-je ressentis la première fois que je m'étais mise à quatre pattes devant mon Maitre, presque nue? Sentiment partagé entre excitation et plaisir.
Pas d'humiliation mais une profonde satisfaction à être soumise. Et un soulagement aussi. J'avais imaginé cette scène tant de fois, certaine que j'aimerais. Tellement qu'à l'aube de ce jour, je m'étais inquiétée de finalement ne pas aimer. Et si se soumettre ainsi ne me donnait pas ce plaisir que j'idéalisais? J'avais été vite rassurée. Mes fantasmes n'étaient pas infondés, ils reflétaient pleinement ce que je voulais vivre réellement. Ce jour, j'en eu la certitude.
Je me remémorais donc ce moment. Je ne portais que des bas et des bottes à hauts talons, mon collier d'esclave et ma laisse de chienne. J'avais aimé l'acheter, dans une animalerie, j'avais demandé une laisse fine en cuir noir, pour une petite chienne. Personne n'aurait pu comprendre, mais moi, je savais, et je m'étais sentis fière de ma condition à ce moment.
D'abord à genoux devant mon Maitre, je savourais déjà cet instant, position qui symbolisait tous mes fantasmes, mon profond désir de soumission. Il m'ordonna de me mettre à quatre pattes, j'obéis aussitôt, j'étais là pour ça, pour obéir sans me poser de question, je me sentais prête à cela. J'étais fière d'être là, à Ses pieds. Petite chienne soumise. Il avança et je le suivis, mais non, je ne devais pas être derrière mais à côté, je faisais de mon mieux, j'aimais, nullement choquée ou humiliée, je trouvais cela normal. Evident. J'avais trouvé ma place, Aux pieds de mon Maitre.
Si l'expérience c'était arrêtée là, ce souvenir serait presque anodin au vu de tout ce qui s'était passé d'autre. Et pourtant, c'était bien ce moment qui resterait parmi les plus marquants de mon début d'apprentissage. Il m'avait entrainée devant les grands miroirs, près de la porte, j'avais eu un mouvement de recul en m'en approchant mais avais voulu me rassurer, Il ne ferait pas ça, pas si vite, pas cette fois. Et si. Il ouvrit la porte et le peu d'assurance que j'avais disparut aussitôt.
J'étais venue pour tout accepter, pour me soumettre à Lui, complètement, j'avais cru que j'y parviendrais, mais sortir ainsi me sembla au dessus de ses forces. Je recula, paniqua intérieurement, lâcha le mot que je m'étais interdit. Ce sentiment si étrange, inconnu jusque là. Difficile à décrire. Je savais au fond de moi que j'allais le faire, je savais qu'Il ne m'épargnerait pas ça, je savais que je n'oserais pas refuser ouvertement. Alors pourquoi ne pas le faire dignement et la tête haute? Je n'eus pas vraiment le temps d'analyser sur le moment. La peur que quelqu'un ne me voit, le principe même de me retrouver nue et en laisse, dans un lieu commun. Et puis déjà l'appréhension de ce qu'Il me demanderait d'autre.
Dans l'intimité, je ne me sentais pas vraiment de limite, j'aimais Lui obéir, j'aimais qu'Il me rabaisse par Ses mots, j'aimais tout, mais ... était difficile. Il me fallait franchir cette barrière mentale qui m'empêchait d'avancer. Je me sentais vraiment soumise, aucun doute. Je me colla à Ses jambes. Petite chienne apeurée qui supplia son Maitre de lui épargner cette épreuve. Mais c'était inutile et dans le fond je le savais. J'avançai, genoux et coudes à moitié pliés comme pour me faire toute petite, je sortis à peine, mais j'étais sortie, entièrement, j'espérai un instant que cela suffirait mais non. Encore une fois je cherchai Son contact, mon visage contre Sa jambe je Le suppliai encore. Je n'eus pas le choix et compris que plus vite je ferais ce qu'Il me demandais, plus vite je pourrais rentrer.
Alors je ressentis ce que j'avais souvent imaginé sans le connaitre, ce sentiment que l'on ne peut pas expliquer, qu'il faut avoir vécu, Cette barrière mentale qui tombe, sensation d'abandon, de résignation et d'acceptation. De soumission, tout simplement.
Je m'étais dépêchée, ma démarche et mes gestes furent loin d'être gracieux et assurés, mais j'avais obéi, j'avais fait ces quelques pas dans ce long couloir où n'importe qui aurait pu me voir. Nue et en laisse. Je l'avais fait pour Lui, parce qu'Il me l'avait ordonné et que j'étais venue pour Lui obéir, pour me soumettre à Lui. Parce que je l'avais mérité aussi peut être. Punition perverse.
La porte se referma. Je soupirai, respirai enfin. Soulagée que ce soit fini, que personne ne m'ait vue, et d'avoir su le faire, même si c'était mal fait. J'espérais quIl savait combien ça avait été difficile pour moi. D'autres auraient peut-être aimé, d'autres auraient peut-être trouvé cela anodin et ne se seraient pas vraiment arrêtées sur ça. Mais moi, c'était ce que je redoutais le plus, ce qui m'avait longtemps laissé penser que je ne serais jamais à la hauteur. Tout ce qui sortait du cadre de l'intimité.
Ce jour là, alors que je repensais à cela, d'autres barrières étaient tombées, je m'étais davantage investie dans mon rôle de soumise et d'esclave, je savais que si je devais en passer par là, je n'aurais pas le choix. Je savais pourtant que ça ne serait jamais facile, que j'appréhenderais toujours ce genre de choses et les sorties publiques. Je savais, mais je l'acceptais.
Eva.
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eva9
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