Si je peux me permettre un conseil, réfléchis bien avant de prendre une décision irréversible, et ne fais rien qui aille contre ta conscience.
Moi, j’ai vécu à peu près la même situation que toi il y a quelques années (et je crois d’ailleurs que beaucoup de couples [à mon avis la majorité] vivent plus ou moins la même chose…). Pour ma part, j’ai décidé de rester avec ma femme et mes deux enfants et je sais aujourd’hui que c’était la bonne décision.
Je te livre quelques éléments de (ma) réflexion :
1) Comprendre le manque de désir de ma femme :
J’ai d’abord constaté que j’étais loin d’être seul dans ce cas. Il y a de nombreux témoignages sur internet, et on trouve aussi des rapports de sexologues sur le manque de désir des femmes qui sont très intéressants et constructifs. Il y a en général de nombreuses raisons à la perte de désir chez une femme (sinon, tout serait simple…) parmi lesquelles le stress (travail…), les angoisses (santé, enfants…), une mauvaise image de soi (elle se trouve moche et n’a pas confiance en elle), et la crainte d’être trompée.
Contrairement aux hommes, les femmes sont incapables d’éprouver du désir lorsque tout va mal : c’est à mon avis la différence fondamentale entre nous : un homme, pour être heureux, a besoin d’abord de réussir sa sexualité, alors qu’une femme a d’abord besoin d’être heureuse pour pouvoir ensuite réussir sa sexualité.
Pour qu’une femme soit heureuse avec un homme (ou plutôt se sente bien, car le bonheur est à mon avis hors de portée d’un humain normalement constitué, sauf s’il prend ses rêves pour la réalité…), il faut surtout qu’elle soit EN CONFIANCE. Dans un couple qui a du vécu, cette confiance passe par un tas de petites choses du quotidien (par exemple sortir les poubelles, participer au ménage et la vaisselle, s’occuper de l’entretien de la maison, être attentionné sur des petits détails de rien du tout mais qui sont très importants au bout du compte). Rien de sexuellement positif n’est possible s’il n’y a pas cette confiance. Cela signifie par exemple qu’il ne faut surtout pas laisser croire à une femme qu’on va la quitter « si ça continue » : c’est le genre de menace qui détruit tout…
Par ailleurs j’ai aussi fini par comprendre qu’elle repoussait la plupart de mes avances parce qu’elle ne se sentait pas bien dans SA tête et dans SON corps. Son manque de désir ne venait pas nécessairement de moi (ni de mon incompétence au lit !) pas plus que d’un manque d’amour. L’état d’esprit profond compte aussi (acte sexuel vécu inconsciemment comme quelque chose de sale, honteux, malsain ou comme un rapport de force pervers dominant/dominé…). Le sexe est avant tout une question de psychologie. Pour ma part, j’ai toujours vu l’activité sexuelle comme une nécessité pour l’équilibre psychologique de chacun, et donc c’est quelque chose qui pour moi reste propre et sain tant que chacun des partenaires respecte l’autre.
2) Comment j’ai tenu le coup
Comprendre tout ceci m’a pris du temps (plusieurs années). Pour un homme, le plus dur est de supporter la frustration (qui est terrible). Pour ma part, je me suis beaucoup masturbé, grâce à la pornographie et notamment celle (rarissime mais salutaire dans mon cas) qui correspond à ma vision de la sexualité (sexe réaliste et respectueux des gens et avec des émotions visibles) : je peux citer dans cet esprit le travail d’Abby Winters, certaines vidéos de « I feel myself », quelques films anglophones comme « All about Anna » ou « 9 songs » et également certaines histoires du site « revebebe ». Beaucoup de femmes supportent mal que leur mari s’adonne à la pornographie parce qu’elles se sentent « trompées ». Dans mon cas, je n’ai jamais cessé de fantasmer sur ma femme à moi : elle est toujours au centre de mes rêves sexuels. Par ailleurs, j’ai fait une séparation très claire dans ma tête entre la réalité de ma sexualité (très pauvre) et mes fantasmes (très riches). J’ai décidé de pas m’auto-censurer (car pour moi le fantasme n’est qu’un rêve qui ne correspond pas forcément ce que l’on désire dans la réalité

et cela m’a fait psychologiquement beaucoup de bien : j’ai fini par assumer intimement mes fantasmes les plus inavouables et, bizarrement, cela m’a beaucoup soulagé et me permet désormais de maîtriser ma frustration. Au final, je me sens mieux dans ma tête, en accord avec moi-même et je crois que c’est déjà beaucoup.
3) Conclusion
Dans mon cas, tout n’est pas réglé : malgré des progrès certains, ma vie de couple ne me satisfait pas encore totalement, mais je crois que c’est relativement normal et surtout je sais ce que je peux faire pour améliorer les choses. Cela dit, la non-satisfaction sexuelle est l’essence même du désir sexuel. Qui peut objectivement affirmer qu’il est totalement comblé sexuellement ? A mon avis, personne, et d’ailleurs je ne le souhaite à personne car celui qui serait totalement comblé n’aurait plus de désir (et la boucle serait bouclée !)
Il y a beaucoup de malentendus dans les couples par manque de communication. Il me semble que c’est dommage de détruire une famille à cause de malentendus. Bref, tu prendras la décision qui te semblera la meilleure, mais moi, mon conseil, c’est d’essayer de vivre avec tes frustrations sans foutre en l’air toute ta vie et celle des gens que tu aimes.
En espérant avoir été utile…